Pourquoi la mairie n’a-t-elle pas choisi la géothermie pour le nouvel hôpital de La Source ?

Communiqué de presse de l’opposition municipale PS, Verts et Société Civile du 15 février 2010

« À Orléans La Source, une énergie renouvelable peut en cacher une autre !

Après la pose de la première pierre du nouvel Hôpital d’Orléans à la mi-novembre 2009, les élus Verts, Socialistes et apparentés de la Ville ont été interpellés par un article de La République du Centre daté du 16 novembre 2009, qui leur apprenait que le nouvel hôpital serait raccordé au réseau de chauffage urbain de la ville d’Orléans, réseau à eau surchauffée de la SOCOS géré par la Société Dalkia. Suite à cet article qui précisait que les travaux de raccordement avaient déjà débuté en catimini aux alentours du 10 novembre, Marie-Thérèse Noël, Ghislaine Kounowski et Jean-Philippe Grand ont aussitôt demandé à rencontrer le maire d’Orléans, président du conseil d’administration de l’hôpital, qui n’a pas donné suite à leur demande.

Plus récemment, le numéro de la Tribune d’Orléans, daté du 4 février, apprenait à la population que « Le quartier de la Source se chauffera au bois en 2012 » ce qui, selon les déclarations du maire, concernerait 13 000 logements ou équivalents, comprenant le BRGM, l’Université, des bâtiments communaux et, bien sûr, le futur Hôpital qui compte pour 4 à 5 mégawatts de puissance thermique sur les 33 mégawatts du projet de cogénération au bois porté par la Société Dalkia, soit moins de 10 % de la production énergétique du réseau de chaleur de La Source.

Pour bien comprendre, il faut savoir qu’un projet de cogénération relève avant tout de la production d’électricité, dans le cas présent à partir de bois, et qu’il utilise le procédé de production d’électricité au moyen d’une turbine à vapeur permettant de récupérer de la chaleur qui est injectée dans le réseau de chaleur urbain. La technique est très intéressante, mais les choses sont moins claires si on sait que le principe des réseaux à eau surchauffée, où l’eau circule à une température allant jusqu’à 160°C dans les canalisations, est aujourd’hui totalement dépassé énergétiquement et soulève de nombreuses contraintes notamment en matière de sécurité.

La centrale de cogénération au bois bénéficiera, pour être rentable, d’une aide de l’Etat, dans le cadre d’un appel à projets du Ministère de l’Ecologie, qui a ainsi sélectionné récemment 32 projets. Ceux-ci bénéficieront d’une aide par le biais d’un tarif d’achat de l’électricité produite extrêmement attractif de 145 €/mégawatt.heure garanti sur 20 ans. Or l’article de la Tribune indique que la centrale de La Source produira 100.000 mégawatt.heure au total (sur 12 ans ou 18 ans ?) ce qui engendre un revenu de 14,5 millions d’Euros auquel la Ville d’Orléans abonde de 5 millions d’Euros, comme le confirme l’adjoint aux finances, Michel Martin. Ce montage contribue à financer à plus de 59 % un projet dont le coût est de 30 millions d’Euros, ce qui est une aide très importante avec de l’argent public.

Enfin, on nous dit que la chaufferie sera alimentée par plus de 70.000 tonnes de bois par an provenant de la forêt et de près de 20.000 tonnes provenant du recyclage.

Mais d’où proviendra exactement ce bois ?

Quelle distance parcourra-t-il pour parvenir à la chaufferie et  par quel mode de transport ?

Quelles nuisances seront générées par ce transport et quel en sera le coût énergétique ?

L’article est bizarrement muet sur ce sujet qui était pourtant un point important du cahier des charges de l’appel à projets et le directeur d’Arbocentre, organisme fortement financé par la Région, qui évoque une croissance importante de l’utilisation du bois en région  Centre, n’est peut-être pas sensibilisé à ces questions légitimes et au risque  de concurrence inutile entre deux types  d’énergies renouvelables.

À qui profite donc cet investissement payé à près de 60% par le contribuable ?

À la Société Dalkia bien sûr, qui voit au passage son contrat de gestion de la SOCOS renouvelé pour 12 ans alors que l’échéance aurait été en septembre 2012 et, qui plus est, sans passer par un appel d’offres, auquel aurait dû la contraindre le code des marchés publics. Exploitant du réseau depuis sa construction, cette société n’a jamais été remise en concurrence. Nous sommes donc en droit de nous poser la question de la pertinence des tarifs d’énergie actuellement pratiqués par Dalkia. En outre et du fait de l’importance des volumes de bois destinés à l’alimentation de cette centrale, ne risque-t-on pas de laisser s’instaurer un quasi-monopole de cette société sur le potentiel de biomasse en région Centre ?

Par ailleurs, la reconduction du marché de Dalkia aurait dû être conclue dans un délai d’au minimum 3 ans avant l’échéance, soit au plus tard en septembre 2009. La ville a-t-elle été vigilante sur cette échéance qui semble bien, dans le cas présent, être hors des délais légaux ?

Enfin, lorsqu’on sait que 5 projets de Dalkia ont été retenus sur les 32, par l’appel d’offre gouvernemental et que l’aide de l’état sera sans doute accordée à EDF pour le rachat de l’électricité produite, on peut se poser la question du bon usage de l’argent public au bénéfice de Dalkia, Division Energie de Veolia Environnement, partenaire privilégié d’EDF qui détient au moins 34 % du capital de cette société.

Il existe, en effet, un projet concurrent pour le chauffage du futur Hôpital d’Orléans, au moyen de la géothermie, réputée abondante dans le sous-sol de La Source et qui, aujourd’hui, permet de chauffer  près de 170.000 équivalent-logements en région Ile-de-France.

Ce projet, qui permettrait  de chauffer et  climatiser intégralement l’hôpital, peut aussi autoriser le raccordement d’entreprises locales du domaine de Limère,  qui y sont favorables.

Pour être mis en œuvre, il aurait occasionné la prise en charge, à hauteur de 10 % maximum, du risque, très improbable, de ne pas trouver de ressource en eau lors de la réalisation d’un premier forage, soit un risque maximum de 400.000 € et le choix de radiateurs plus modernes à l’hôpital , pour environ 250.000 €.

La géothermie, qui n’a pas été étudiée correctement par l’équipe de projet, permettrait de transformer progressivement le réseau d’eau surchauffée en un réseau à basse température opérant ainsi un virage qu’il faudra de toute évidence prendre un jour.

En ce qui concerne l’intérêt local de cette opération de géothermie, il faut savoir que, comme pour la chaufferie au bois, elle peut bénéficier d’une aide publique sur le Fonds chaleur géré par l’ADEME et de la baisse de TVA de 19,6 à 5,5% profitable à l’usager.

Ce dispositif conduirait, ainsi, à une forte baisse du prix de la chaleur pour l’hôpital mais également pour le réseau tout entier. En effet, l’usage de la géothermie, pour une opération sur 20 ans, qui ne serait utilisée qu’à 46 % de ses capacités (besoins de l’hôpital seul) et avec une aide de l’Etat équivalente à celle de la cogénération au bois, conduirait à un prix de vente de 43€ HT/Mwh contre environ 50€ HT/Mwh actuellement.

L’utilisation totale de la capacité géothermique par le raccordement d’autres usagés permettrait d’abaisser ce tarif à 35 €HT /MWh environ, soit un gain d’au moins  25 %.

Le quartier de la Source se situe dans une zone qui est géologiquement la plus favorable de la région à la géothermie. Présente ici plus qu’ailleurs en région, elle ferait du réseau de chaleur de la Source une référence environnementale, économique et sociale.

Nous aurons besoins de toutes les énergies pour atteindre les objectifs de 2020 en matière de réduction des gaz à effet de serres, de la biomasse, bien sûr, mais également de la géothermie. Comment peut-on laisser passer l’opportunité d’une installation géothermique pour un hôpital à « Haute Qualité Environnementale » dans la zone géologique la plus favorable de la région ?

La Région et l’ADEME, lorsqu’elles financent des audits énergétiques, demandent aujourd’hui que toutes les ressources renouvelables soient étudiées pour un projet de collectivité locale ou d’entreprise. Parce que le développement durable ne doit pas se contenter de la réalisation d’un beau document d’Agenda 21 mais produire un changement radical des mentalités en sortant, une fois pour toutes, de la logique de marchés qui conduit dans le cas présent à une concurrence sans fondement entre deux énergies renouvelables, alors que la bonne énergie au bon endroit devrait prévaloir. Le Maire d’Orléans devrait donc se saisir de cette occasion unique pour positionner la ville d’Orléans comme réellement ambitieuse au niveau locale et nationale dans sa politique de Développement durable.

Nous demandons donc que soit étudiée, de façon rigoureuse et indépendante de toute société énergétique, l’intégration de la géothermie dans ce réseau en conservant l’usage du bois comme appoint ou secours, avec une remise en concurrence de son actuel délégataire en 2012.

Marie-Thérèse Noël, Ghislaine Kounowski et Jean-Philippe Grand

pour le Groupe de l’Opposition Municipale « Socialistes, Verts et apparentés »

***

Rappel sur la géothermie (extrait de Wikipédia) :

La géothermie, du grec Géo (la terre) et thermie (la chaleur), est la science qui étudie les phénomènes thermiques internes du globe terrestre et la technique qui vise à l’exploiter. Par extension, la géothermie désigne aussi l’énergie géothermique issue de l’énergie de la Terre qui est convertie en chaleur.

On distingue trois types de géothermie :

* la géothermie peu profonde à basse température ;

* la géothermie profonde à haute température ;

* la géothermie très profonde à très haute température.

Ces trois types de géothermie prélèvent la chaleur contenue dans le sol.

L’énergie géothermique est exploitée dans des réseaux de chauffage et d’eau chaude depuis des milliers d’années en Chine, dans la Rome antique et dans le bassin méditerranéen.

L’augmentation des prix de l’énergie et le besoin d’émettre moins de gaz à effet de serre la rendent plus attrayante. En 2007, en France le BRGM (Le Bureau de recherches géologiques et minières) a avec l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), créé un Département Géothermie pour la promouvoir, après s’être associé à différents programmes de recherche, de travaux de service public. Deux de ses filiales CFG Services (services et ingénierie spécialisée) et Géothermie Bouillante (qui exploite la centrale électrique de Bouillante en Guadeloupe) sont impliquées dans la géothermie.

5 Commentaires

Classé dans BRGM, développement durable, environnement, Géothermie, La Source, Orléans

5 réponses à “Pourquoi la mairie n’a-t-elle pas choisi la géothermie pour le nouvel hôpital de La Source ?

  1. reguigne regis

    Chers  » opénistes  » ; puis-je vous remémorer un fait intéressant le sujet de la géothermie que vous abordez ? Il y a maintenant une bonne trentaine d’ années l’ exploitant du chauffage urbain de La Source ( donc , déjà la SOCCOS ) avait tenté d’ exploiter la géothermie profonde . Un forage remontait de l’ eau chaude ( à combien de degrés ? ) de – 600 mètres, si j’ ai bonne mémoire . Sur le plan  » température  » c’ était valable . Cependant l’ aventure fut rapidement abandonnée pour la raison invoquée que l’ eau en question était très corrosive pour les canalisations qui allaient être rapidement déterriorées . Qu’en est-il exactement ? Je l’ ignore , mais , ne serait-il pas intéressant de faire quelques recherches à ce propos pour , ensuite , continuer à  » creuser  » sur la géothermie à La Source ? Amicalement à vous chers voisins Sourciens ; Régis .

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  2. Michel

    Communiqué de RESF45
    MONSIEUR SARKOZY, ÇA SUFFIT !
    TOUS LES MENSONGES DE VOS REPRESENTANTS
    NE PEUVENT JUSTIFIER L’ODIEUSE EXPULSION DE NAJLAE.
    NOUS VOUS DEMANDONS PUBLIQUEMENT DE LA FAIRE REVENIR EN URGENCE ET DE LUI ACCORDER :

    JUSTICE, PROTECTION ET DROIT AU SEJOUR

    Combien de temps l’état français va t’il prendre pour reconnaître enfin ses torts et faire revenir Najlae, alors que son expulsion a pu être orchestrée en moins de 15 heures ?

    Il est lamentable de voir que toutes les autorités dont vous êtes le garant cherchent à tout prix à faire croire à la légalité de la procédure d’expulsion, alors que le premier des torts a été de ne pas secourir une jeune fille blessée venue à la gendarmerie pour porter plainte, y trouver aide et secours.

    De nombreux citoyens et citoyennes s’insurgent contre l’expulsion de Najlae. Au travers de son histoire, ils réalisent combien votre politique de quotas est malsaine car elle conduit à des actes de barbarie inouïe. Pressés de réaliser les chiffres qu’on attend d’eux, les préfets, gendarmes et autres représentants de l’état ne font plus prévaloir que le défaut de papiers dans n’importe quelle situation. C’est inadmissible !

    Avec tous ces citoyens, nous crions haut et fort que toutes les femmes doivent être protégées quelle que soit leur situation administrative. Et ceci devra être pris en compte dans la loi, qui est en débat en ce moment, contres les violences faites aux femmes.

    Avec tous ces citoyens, nous appelons aussi à un changement de loi concernant les jeunes majeurs scolarisés, pour qu’ils ne deviennent pas systématiquement, comme Najlae, des sans papiers, mais des citoyens à part entière avec la possibilité de poursuivre leurs études et de construire leur avenir en France.

    Avec tous ces citoyens, nous exigeons le retour immédiat de Najlae, que justice lui soit faite et qu’elle soit protégée et régularisée au titre de la vie privée-vie familiale.

    Najlae doit revenir en France le plus vite possible et reprendre ses études.

    La justice doit donner suite à sa plainte.
    Najlae doit pouvoir vivre sa vie de femme comme elle en a décidé.
    ET La France doit la protéger !

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  3. reguigne regis

    Pour MICHEL ,de la part de Régis : veuillez me pardonner , mais je ne comprends pas votre commentaire sur la non adoption de la géothermie pour la Source . Une autre rubrique n’ aurait-elle pas mieux convenu ? Amicalement . Régis .

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  4. openlasource

    Effectivement, même si la rédaction d’Openlasource est tout à fait solidaire de l’action de RESF 45, cette déclaration sous l’article consacré à la géothermie à La Source est pour le moins … décalée.
    Pour en revenir à la géothermie, nous nous interrogeons sur l’état des technologies désormais disponibles ?
    La corrosion considérée comme rédhibitoire il y a quelques années, n’est-elle pas maîtrisée aujourd’hui ?
    Nous allons nous tourner vers les spécialistes du BRGM pour essayer d’obtenir des informations à ce sujet.

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  5. openlasource

    @ Régis

    Renseignements pris, les technologies ont effectivement beaucoup progressé depuis les premiers forages.
    Désormais, il est possible de faire passer un un fluide dans un circuit fermé, qui se réchauffe au contact des nappes chaudes en profondeur, sans subir la corrosion liée à la circulation de l’eau puisée dans les nappes souterraines.
    Autrement dit, on sait très bien bénéficier de la géothermie aujourd’hui. Plusieurs centres fonctionnent déjà et font la preuve de la pertinence de la solution.
    Bien cordialement

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