Les lieux et les « noms » de La Source : Gérard Philipe

Openlasource a déjà eu l’occasion d’évoquer la brillante carrière d’un des plus merveilleux et  brillants comédiens français.

C’est son nom qui a été donné au théâtre de La Source, inaugurée en 1972. Ici, on l’appelle simplement le TGP.

Ce théâtre propose une salle principale de 540 places et propose une programmation  principalement destinée au jeune public et aux scolaires. Il avait longtemps été aussi exploité en salle de cinéma.

Mais pourquoi donc ré-évoquer la mémoire de Gérard Philipe ?

Tout simplement parce que récemment, quelques membres éminents de la majorité municipale, ont émis l’hypothèse de changer le nom de notre théâtre, au motif que Gérard Philipe ne serait plus connu des jeunes générations.

Il est vrai qu’il serait certainement culturellement plus pertinent de donner à un théâtre « populaire » comme le notre, des noms plus « parlant » pour nos « jeunes » : Doc Gyneco, Johnny Halliday, Loanna, Christian Clavier, … enfin tout plein de noms de grands artistes, brillants représentants du rayonnement culturel de notre beau pays.

Donc, au cas où et à l’attention des jeunes ignorants qui nous liraient, voici donc qui était Gérard Philipe … et aussi pourquoi sa mémoire doit « gratouiller » quelques chantres de la culture municipale.

Il naît à Cannes dans les Alpes-Maritimes. Fils de Marcel Philip (1893-1973), avocat possédant un cabinet juridique,  et de Marie Villette, il voit le jour dans une famille aisée.

Son père le destine à une carrière de juriste, mais, rencontrant de nombreux artistes réfugiés sur la Côte d’Azur (en zone libre) depuis 1939, il décide de devenir comédien. Sa mère le soutient dans ce choix.

En 1941, le réalisateur Marc Allégret lui fait passer une audition, en compagnie de son amie Danièle Delorme, et l’envoie prendre les cours d’art dramatique de Jean Wall et Jean Huet à Cannes. Le comédien Claude Dauphin le fait jouer au théâtre à partir de 1942.

Il participe à la Libération de Paris en 1944 en faisant partie de la résistance française (FFI) alors que son père est un collaborateur reconnu.

Gérard Philipe se fait connaître au théâtre où il obtient son premier succès et la célébrité à l’âge de 20 ans, en pleine Seconde Guerre mondiale, dans le rôle de l’ange dans Sodome et Gomorrhe de Jean Giraudoux en 1943.

La même année, il rencontre Nicole Fourcade, une ethnologue. Ils tombent amoureux l’un de l’autre et se marient le 29 novembre 1951. Ils deviennent tous les deux compagnons de route du parti communiste français. Il rebaptise son épouse Anne parce qu’il trouvait ce prénom plus poétique. Ils ont deux enfants.

Son succès au théâtre et en tournée explose avec la création de Caligula d’Albert Camus en 1945.

En 1947 il est le partenaire de Micheline Presle dans le film Le Diable au corps de Claude Autant-Lara et devient une célébrité du monde du spectacle français.

Entré au Théâtre national populaire de Jean Vilar en 1951, il remporte de nombreux succès à Paris, en tournée, au Festival d’Avignon (Le Prince de Hombourg, Le Cid de Pierre Corneille, Richard II), en jouant un répertoire classique, et en mettant lui-même en scène plusieurs pièces de Musset ou des auteurs contemporains . En 1953 il auditionne avec Jean Vilar un nouveau comédien, Philippe Noiret qu’il intègre à la troupe.

En 1952 il joue Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque avec Gina Lollobrigida, ce qui lui vaut de devenir une idole héroïque des jeunes aux quatre coins du monde.

Dans le même temps, sa jeunesse et son charisme d’exception triomphent internationalement à l’écran dans des films de Christian-Jaque, Claude Autant-Lara, René Clair, René Clément, etc.

Acteur engagé, il est un des premiers à signer la pétition de l’appel de Stockholm en 1950 contre l’armement nucléaire en pleine guerre froide, et devient président du syndicat français des artistes-interprètes où il se révèle être un grand responsable syndical pour les métiers artistiques du cinéma et du théâtre à partir de 1958.

En 1959, le 25 novembre en pleine gloire, à l’apogée de sa popularité, doté du génie de la comédie et d’une aura artistique hors du commun, alors qu’il vient de finir le tournage du film La fièvre monte à El Pao de Luis Buñuel au Mexique et alors qu’il souffre d’un cancer du foie, il est emporté par une crise cardiaque à Paris à l’âge de 36 ans.

Il est enterré dans le costume de Don Rodrigue (Le Cid de Pierre Corneille, conformément à ses dernières volontés, au petit cimetière de Ramatuelle, près de Saint-Tropez).

Le nom de Gérard Philipe a été donné à de très nombreux théâtres et maisons de la culture.

***

Au fait, le projet de changement de nom du théâtre Gérard Philippe semble être abandonné. Présenté au CMA (comité de minimisation active), il a soulevé un véritable tollé d’une majorité de Sourciens, un tantinet cultivés, eux.

4 Commentaires

Classé dans Gérard Philippe, La Source

4 réponses à “Les lieux et les « noms » de La Source : Gérard Philipe

  1. La rédaction de monstjeandebraye soutient le combat d’OpenlaSource pour que le théatre sourcien concerve le nom de Gérard Philipe. Qu’on se le dise !

    (euh, sinon, attention de corriger la faute (Philipe et nom Philippe) dans le dernier paragraphe de l’article. Et oui, la culture, c’est aussi ça 😉

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  2. openlasource

    Impitoyable monstjeandebraye !
    Effectivement, Gérard Philipe ne s’écrit avec seulement deux « p ». Un au début, l’autre vers la fin.
    Une sérieuse explication de texte devrait avoir lieu au sein de la rédaction d’Openlasource, à l’image de celle, filmée, qui figure sur la droite de notre page d’accueil. Il n’est pas exclu que le responsable de la relecture, soit le même que celui des médiocres photos régulièrement dénoncées par Laudes.
    En tout cas, merci pour vos commentaires et longue vie, aussi, aux amis nordistes d’outre Loiret.

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  3. CB

    Et oui juste une petite faute , mais bon il est bien l’article…..Je crois bien qu’une petite voix avait émit un doute sur l’ortographe…..Mais bon le plus important est bien de garder le nom et surtout de FAIRE VIVRE LE THEATRE GERARD PHILIPE

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  4. Pour plus de renseignement sur son talent et son action voir sur http://www.sfa-cgt.fr/qui-sommes-nous/publications/plateaux-n-198/il-y-cinquante-ans-gerard-philipe-premier-president-du-s
    Dommage que l’anniversaire de sa mort soit passé à l’as.
    Aujourd’hui c’est un exemple pour beaucoup d’artistes dramatiques, mais peut on parler des artistes , syndicalistes ou communistes, dans notre France actuelle ?
    Merci en tout cas pour votre article et souhaitons que la salle Gérard Philipe se développe enfin avec et pour de nombreux artistes. Orléans n’en manque pas.

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