La Source : désert médical annoncé ?

Un hôpital régional pharaonique qui sort de terre … et des médecins généralistes de proximité qui disparaissent.

Cherchez l’erreur !

Pour en parler, rendez-vous à la Conférence de l’Indien organisée par l’Association des Habitants de La Source, le jeudi 12 avril prochain à 20h30, à  la Maison des Associations (face au théâtre Gérard Philippe) :

 

2 Commentaires

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2 réponses à “La Source : désert médical annoncé ?

  1. pascal

    article paru sur la Tribune d’Orléans de ce jour
    « La Source : -20% d’habitants depuis 1999

    DÉMOGRAPHIE
    La fusillade en pleine rue à La Source, il y a bientôt deux semaines, a relancé la polémique sur la mauvaise image du quartier. La Source est-il un quartier délaissé ? Il a en tout cas, selon l’étude d’un démographe, perdu 20% de ses habitants en neuf ans, entre ceux qui ne veulent pas rester dans les barres d’immeubles et le vieillissement de la zone pavillonnaire.
    4.350. C’est le nombre d’habitants qu’a perdu la Source entre 1999 et 2008, dont 3.900 sur le seul secteur de la Zone urbaine sensible (ZUS), passant de 21.500 à 17.000.
    Cela représente une baisse de plus de 20% en neuf ans, pour un quartier emblématique d’Orléans. De 1968 à 1990, le quartier, créé de toutes pièces à l’image des villes nouvelles de la région parisienne, a connu une forte augmentation de sa population.
    Mais depuis, le quartier perd des habitants chaque année, «un phénomène encore plus marqué pour la zone d’habitat collectif de type HLM», explique Hubert Bouquet, le président de l’association sourcienne  »Convergence » et démographe en retraite, qui a réalisé une étude très fouillée sur la population de son quartier. Ainsi, en neuf ans, l’aire d’habitat HLM de la Source (à savoir les quartiers Beauchamps et Flammarion) a perdu 60 habitants sur 100. Des évolutions de population qui traduisent évidemment les conséquences des travaux du Grand projet de ville, alias GPV, qui vise à restructurer 15% du territoire de La Source. Lancé en 2004, le projet est désormais presque achevé. Outre les réhabilitations et résidentialisations de logements, la démolition de 538 logements sociaux était prévue. Elle est achevée à 80%, et les reconstructions des logements correspondants, outre qu’elles sont moins avancées, ont de plus lieu la plupart du temps  »hors site ». Rien d’étonnant à cela : cette politique correspond à celle menée dans tous les projets de rénovation urbaine des quartiers nés avec les Trente Glorieuses, «qui vise notamment à accroître la mixité sociale» explique-t-on à l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine).
    À Blois, où un important programme de rénovation est mené dans la ZUS, celle-ci, qui compte 13.000 habitants, a d’ailleurs également perdu 9,5% de sa population entre 1999 et 2007, en raison de «la tendance générale de diminution de la démographie, et d’une dédensification de la ZUS suite aux démolitions», précise la ville.
    Mais les programmes de l’ANRU visent avant tout à «faire venir une population nouvelle dans les ZUS, en construisant des logements nouveaux et des équipements publics», et sûrement pas à «vider les quartiers». Et selon le rapport 2011 de l’Observatoire national des ZUS, «la population des ZUS métropolitaines a diminué de 2,3% depuis 1999». Soit un pourcentage dix fois inférieur à la baisse constatée à La Source. Autre phénomène pointé par Hubert Bouquet : le vieillissement de la zone pavillonnaire du quartier, où la part des plus de 60 ans a augmenté de plus de 10% en neuf ans.
    Des chiffres qui provoquent l’inquiétude du conseiller municipal communiste Michel Ricoud, également conseiller général du canton de La Source. «N’y a-t-il pas là un problème qui se pose pour l’avenir ?» interrogeait-il lors du dernier conseil municipal d’Orléans, rejoint par l’élue PS Guislaine Kounowksi, qui parle d’un quartier «excentré», que les Orléanais «ont eu du mal à s’approprier», et pour lequel «des moyens supplémentaires sont nécessaires».
    Mais pour l’adjoint aux finances d’Orléans Michel Martin (UMP), ce manque d’attractivité du quartier est aussi une question d’image : selon lui «dénigrer sans cesse les impôts locaux de La Source ou la disparition des services publics (combats récurrents des élus communistes municipaux, NDLR) contribue à donner une image négative du quartier».
    Quant au premier adjoint Olivier Carré (UMP), en charge de l’urbanisme, il estime que «cette baisse est essentiellement due à la structure des familles, dont les enfants commencent à devenir grands», même s’il reconnaît que l’impact du GPV a été lourd : «1.000 familles sont parties du secteur au moment de sa mise en place, et rien ne les obligeait à rester dans le quartier pour le relogement!» indique-t-il. «En outre, la démographie évolue de manière beaucoup plus positive depuis 18 mois. Sur le secteur pavillonnaire, la baisse va se poursuivre, mais la tendance va s’inverser pour le secteur HLM».
    Une analyse que partage le démographe Hubert Bouquet… mais en partie seulement : «la fin du PRU va probablement s’accompagner d’une nouvelle croissance de la population dans le quartier HLM»affirme-t-il. «Mais ça demandera du temps, et il y a peu de chance de voir la population de La Source retrouver son niveau de 1999. Si ces tendances se poursuivaient après la fin des travaux du GPV, le risque serait grand de voir apparaître une nette dichotomie entre le quartier pavillonnaire d’une part, et les quartiers des immeubles d’autre part». =

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  2. Pourquoi avoir choisi la forme du roman pour évoquer votre expérience de médecin dans un « désert médical » ?

    Dans un monde devenu fou, la seule solution efficace pour échapper à des poursuites judiciaires est d’intituler son livre « roman ». Ceux qui s’y reconnaitraient, dans les portraits peu flatteurs que je dresse des forces de l’ordre, des politiciens, des fonctionnaires incapables et intransigeants, ne pourront voir ici qu’une œuvre de « fiction » n’est ce pas ?

    Quels sont les aspects dans la pratique quotidienne d’un médecin de campagne qui ont selon vous le plus évolué en vingt ans ?

    A la complexité d’un métier déjà sacerdotal, c’est rajouté toute une panoplie de contrôles, de contraintes administratives, de tracasseries étatiques, qui rendent l’exercice de la profession presque impossible.

    Quels conseils donneriez-vous à un jeune médecin qui serait volontaire pour s’installer dans une zone sous dotée en offre de soins ?

    C’est le plus beau métier du monde. Il faut par contre une solide formation d’urgentiste pour faire face efficacement, et avec le moins de stress possible, à toutes les situations de détresse médicale. D’un autre coté, il faut bien réfléchir à sa vie de couple, de famille, bien comprendre qu’il n’y aura plus de vacances, plus de dimanches, plus de jours fériés, et toujours un étau fiscal décourageant. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Après 20 années de pratique intensive, je serai tenté de dire non par la trahison et l’incurie du pouvoir politique, et oui par la gentillesse et la confiance accordée par tant de patients devenus de véritables amis.

    Que vous inspirent les très récentes propositions de l’Ordre des médecins qui suggère que tous les jeunes médecins exercent pendant leurs cinq premières années de carrière dans une zone sous dotée ?

    Je suis contre : une installation à la campagne est un choix de vie. J’ai passé 20 ans magnifiques à exercer ma passion, en connaissance de cause, et avec l’accord de ma femme. Obliger de jeunes médecins à quitter leur région, leur famille, le travail de leur compagne ? C’est le meilleur moyen de les décourager en masse. Encore un leurre, une illusion, comme les « maisons médicales », qui ne sont l’aubaine que de « chasseurs de primes » qui iront toujours vers le plus offrant. Un médecin de campagne doit vouloir l’être, faire comme tout le monde un crédit sur 20 ans pour devenir propriétaire de sa maison, scolariser ses enfants à l’école du village, prendre part à la vie associative. Par contre, pour qu’il puisse exercer dans de bonnes conditions, il faudrait mettre un peu d’humain, d’intelligence dans le système : éviter que les « médecins contrôleurs » deviennent des inquisiteurs en chef, éviter qu’on demande à un médecin de payer, en plus des impôts relatifs à l’exercice de sa profession, ceux d’un métier qu’il ne pratique pas, par exemple vétérinaire (si, si c’est possible, lisez mon livre !). Eviter aussi un contrôle fiscal annuel à une profession qui de toute façon déclare en fin d’année ce que la sécurité sociale lui dit de déclarer. Eviter de mettre systématiquement des amendes pour excès de vitesse, stationnement interdit, à des médecins pompiers volontaires qui abandonnent tout dans l’urgence pour sauver des vies, sinon ils n’auront plus de permis de conduire, et il n’y aura plus personne pour venir au secours des blessés graves.
    Impossible ? Seules les forces de l’ordre ont le droit de rouler vite ? Seuls les politiques ont des passe-droits en permanence. Le fisc est tout puissant ? L’administration irréformable ? Alors nous vivons les dernières heures de ce qui fut une exception française, l’excellence médicale. Les pouvoir politiques nous substitueront avec le sentiment du devoir accompli des « maisons médicales » vides, ou de rares permanences, tenues par des médecins souvent étrangers, donneront à notre administration le sentiment du devoir accompli. Et la jouissance d’avoir remplacé à bon compte des médecins libéraux jugés trop indépendants, pas assez serviles. Avec un surcoût énorme lié à l’hospitalisation systématique, les maladies nosocomiales, les délais irraisonnables d’intervention. Les déserts médicaux se transformeront alors en déserts tout court.

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